Lot n° 543
Estimation :
300 - 400
EUR
HISTOIRE. Le Chevalier d'EON [1728-1810]. Diplomate et espio - Lot 543
HISTOIRE. Le Chevalier d'EON [1728-1810]. Diplomate et espion. Dossier manuscrit (2p in-fol. et cahier lié de soie de 11p in-4) constitué en 1802 par « la chevalière d'Eon » pour défendre sa cause auprès de Bonaparte [Résidant à Londres depuis 1785 et sans ressource pour retourner en France depuis que la Convention a supprimé sa pension, la chevalière d'Eon, alors âgée de 74 ans, essaie de plaider sa cause auprès du Premier Consul par l'intermédiaire de M. de Mourgues]. Il s'agit de copies d'époque de trois lettres. L'une (1779) est du Comte d'Orvilliers, amiral commandant la flotte française prête à appareiller pour l'Amérique (aux offres de service de la chevalière, il répond qu'il serait enchanté si les circonstances le mettaient à même de combattre à ses côtés). Une autre (1792) est de Lazare Carnot (« Peut-être êtes-vous destinée, comme une autre Jeanne d'Arc, à délivrer votre pays des ennemis qui ont juré sa perte »). La dernière (1802) est une longue lettre de la chevalière à Madame de Cheminot dans laquelle elle explique sa situation afin qu'elle intervienne près des plus hautes autorités. Elle évoque le « tout puissant Bonaparte, ce héros de la France », « sauveur du monde » etc. « L'Honorable Ch. M. Talleyrand » n'est pas oublié. Elle réfute toute accusation, n'a rencontré à Londres « aucun émigré, ni homme, ni femme, ni évêque, ni abbé mitré, crossé ou à crosser [...] car s'il faut se défier d'un cheval par derrière, d'une femme par devant, il faut se méfier d'un moinillon, d'un moineau ou d'un moine de tous côtés ». Quant à Lauriston, elle n'a jamais eu l'occasion de le connaître, « car j'étais déjà sortie de l'armée avant qu'il fût entré dans la matrice de Madame sa mère, avant même que les trompes de Fallope eussent sonné la charge à l'arrivée du brave aide-de-camp de notre héros Bonaparte ! ». Comparant son sort à celui de Jeanne d'Arc, « ma cousine », elle remarque finement que les Anglais ont brûlé cette dernière et « ils m'auraient peutêtre noyée s
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